Soutenir l’innovation et la compétitivité du territoire par la formation et la recherche

Un entretien avec M. Georges LEONETTI, Conseiller régional spécial en charge de la santé, de la lutte contre la pandémie, de l’enseignement supérieur et de la recherche

Quels sont les atouts majeurs du paysage régional de l’enseignement supérieur et de la recherche ?

La région Sud occupe le 4ème rang natio-nal pour le nombre de chercheurs et les dépenses en R&D et s’appuie sur un réseau très dense composé par les deux universités labellisées IdEx : Aix-Marseille Université, membre du réseau européen Civis, et l’Université de Côte d’Azur, membre du réseau européen Ulysseus, mais aussi les deux universités de proximité de Toulon (avec un axe fort sur la mer) et Avignon (avec une spécialisation sur la culture et les agrosciences), des écoles d’ingénieurs, de sciences politiques, d’art et d’architec-ture, sans oublier les grands organismes de recherche tels que le CNRS, le CEA, Inria, l’INRAE, l’Inserm, l’Ifremer… Cette densité de maillage explique un taux de réponse très positif aux appels à projets du PIA dans les domaines de la santé, de l’économie, de l’énergie et du numérique. De plus, la Région valorise la recherche en lien avec les filières régionales d’excellence via la SATT Sud-Est, sans oublier les instituts Carnot, InriaTech Sud-Est et CEA Tech, les 8 pôles de compétitivité, plusieurs clusters, 4 Centres Européens d’Entreprises et d’Innovation (CEEI), 3 incubateurs et un réseau de 2 400 start-ups réparties au sein de 4 pôles métropolitains labellisés French Tech.

© Région Sud - PACA
© Région Sud - PACA

Méditerranée Infection à Marseille

En quoi la région Sud – PACA se distingue-t-elle dans le domaine de la recherche en santé ?

La recherche médicale occupe une place de premier plan avec plus de 3 000 cher-cheurs en immunologie, oncologie, infectiologie et neurologie. Elle rassemble 170 laboratoires qui représentent près de 8 % de la produc-tion scientifique nationale. Elle est dynamisée par les deux CHU de Marseille et Nice, l’IHU Méditerranée Infection, des infrastructures de recherche inté-grées dans France-BioImaging, France Génomique et France Life Imaging… Par ailleurs, Marseille constitue la 2ème com-munauté française en neuros-ciences et la région bénéficie de 4 projets de recherche hospita-lo-universitaire en santé (RHU) en neurosciences, néphrologie, infectiologie et cancérologie – des projets labellisés dans le cadre du PIA. Autre domaine d’excellence porté par Marseille Immunopôle, l’immuno-logie s’appuie sur le démonstrateur pré-in-dustriel Mimabs pour optimiser la mise au point de nouveaux médicaments contre le cancer et les maladies infectieuses. Sur le front de l’oncologie, citons les deux centres de lutte contre le cancer de Marseille et Nice ainsi que le Cancéropôle PACA soutenu par l’INCA : ses plus de 650 scientifiques couvrent l’ensemble de la chaîne, depuis la recherche fondamentale jusqu’à la prise en charge thérapeutique ; à ce titre, ils consti-tuent l’un des piliers du Plan Cancer régional labellisé par l’INCA. Enfin, la région Sud a développé un axe d’excellence sur l’IA et la santé avec le 3IA Côte d’Azur, axé sur la santé et les territoires intelligents.

Comment le Conseil régional accompagne-t-il les acteurs de la recherche en santé ?

Ce soutien s’inscrit dans le Schéma régional sur l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation dont la nouvelle mouture 2023-2028 sera adoptée avant la fin 2022. Son objectif est de soutenir l’innovation et la compétitivité du territoire par la formation et la recherche, mais aussi développer l’excel-lence et le rayonnement des laboratoires avec le soutien des acteurs de la recherche et en phase avec le Plan Climat, le Plan Santé et Environnement, le Plan Cancer et les opérations d’intérêt régional (OIR), dont celle axée sur les thérapies innovantes. De plus, la Région a déterminé des investisse-ments dédiés dans le cadre du CPER (volet recherche), du Plan Cancer (via le Cancé-ropôle régional), de contrats doctoraux (avec une enveloppe annuelle de 4 M€) et d’appels à projets de recherche annuels sur nos axes privilégiés : les problématiques environne-mentales et la lutte contre le cancer.

Quels sont selon vous les principaux défis pour l’enseignement supérieur et la recherche en région Sud ?

Le principal défi est sans nul doute de mobi-liser encore plus les fonds européens du Feder et d’Horizon Europe afin de démultiplier les financements publics, d’accompagner le développement de la recherche et d’attirer les talents : le co-financement de chaires interna-tionales senior ou junior est justement prévu dans le cadre du Plan Cancer régional en vue de générer un effet de levier dans la recherche sur nos axes stratégiques. Accroître les fonds européens implique de mobiliser les acteurs académiques et de les accompagner dans l’élaboration des réponses aux appels à projets européens pour augmenter leur taux de succès et relever les défis inhérents au développement de l’enseigne-ment supérieur et de la recherche en région. La Région est déjà à pied d’œuvre dans ce domaine : avec une cellule Europe et une représentation à Bruxelles, elle a déjà accru de manière significative la part des crédits européens pour les projets régionaux à la fin de la dernière mandature. Gageons que nous ferons encore mieux ces cinq prochaines années !

© Région Sud - PACA

Bâtiment Fight Cancer de l’Inserm


Publié à l'origine dans ©Parlementaires de France Magazine, désormais ©Research Innov France.

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