Favoriser les synergies académiques et industrielles

Un entretien avec le Pr Abdelhakim ARTIBA, Président de l’Université Polytechnique Hauts-de-France (UPHF

Comment la recherche est-elle organisée à l’UPHF ?
Résolument interdisciplinaire et transdisciplinaire, la recherche est répartie au sein de 4 grands laboratoires incluant 2 UMR CNRS : le CERAMATHS (matériaux céramiques et mathématiques), l’IEMN UMR CNRS 8520 (micro et nanotechnologies), le LAMIH UMR CNRS 8201 (transports durables et mobilité humaine) et le LARSH (sociétés et humanités). Par ailleurs, la stratégie recherche et innovation de l’UPHF est définie par trois hubs stratégiques adressant de grands défis sociétaux en phase avec les objectifs de développement durable de l’ONU, le programme Horizon Europe et la stratégie régionale recherche & innovation pour une spécialisation intelligente : Santé et soin du futur ; Ville, mobilité et territoire du futur ; Industrie du futur, matériaux et procédés associés écoresponsables. L’UPHF accueille en outre près de 300 doctorants et se distingue par 2 chaires thématiques en cours : TEC-LOGd sur le transport, l’économie circulaire et les chaînes logistiques durables (avec la Communauté d’Agglomération de Cambrai et la Région Hauts-de-France) ; et Tourisme et Valorisation du Patrimoine, créée avec le concours de la Communauté d’Agglomération de La Porte du Hainaut (CAPH) pour favoriser le tourisme durable sur un territoire au riche patrimoine industriel.

© UPHF
© IEMN-MAMINA

Implant cochléaire robotisé

Comment l’UPHF assure-t-elle la valorisation de la formation et de la recherche ?
Nous nous appuyons sur plusieurs partenaires pour soutenir les étudiants entrepreneurs : le Medef, le technopôle Transalley, qui stimule l’innovation des mobilités et des transports durables à Valenciennes, et bien sûr Valutec, notre propre filiale pour l’innovation et le transfert de technologie. Nous travaillons aussi en étroite collaboration avec nos 4 laboratoires de recherche pour mieux valoriser les résultats de leurs travaux. Dans le domaine de l’entrepreneuriat, des actions de sensibilisation, de formation et d’accompagnement sont organisées pour les chercheurs et les doctorants. L’UPHF est aussi partenaire de l’incubateur d’entreprises innovantes régional MITI, qui accompagne et soutient financièrement la création de projets innovants.

© CERAMATHS-DMP

Impression 3D de céramique

Pourriez-vous nous présenter les activités de la Fondation Partenariale Polytechnique Hauts-de-France ?
Elle a pour mission de lever des fonds en faveur des étudiants et plus particulièrement, pour le soutien à l’excellence pédagogique et à la recherche, avec un engagement constant pour le respect des enjeux sociétaux et environnementaux. Trois étudiants ont récemment été soutenus par la Fondation, et l’un d’eux a même créé sa société de fabrication de solvants dont les nouvelles formulations s’adressent aussi bien aux industriels qu’aux particuliers. De plus, la Hubhouse de l’UPHF organise chaque année le Challenge 48h Chrono : début décembre, 140 étudiants regroupés en 10 équipes ont eu 2 jours pour trouver une idée de création d’activité. Cette année le thème choisi était : « Comment améliorer l’expérience client dans les événements ? » La Fondation a remis le Prix de l’entrepreneur 2024 au projet “Festi’Bag”, un sac sécurisé et écoresponsable conçu par 13 étudiants pour permettre à tous de profiter l’esprit serein des festivals, concerts et événements en tout genre.

L’UPHF est également très active à l’international. Pourriez-vous nous en dire plus ?
J’ai participé à la visite officielle du président de la République au Maroc du 28 au 30 octobre dernier et j’ai également pris part à la délégation régionale au Japon, menée durant la semaine du 25 novembre dernier par le président Xavier Bertrand et le vice-président aux relations internationales, François Decoster. Cette mission répondait à la délégation nippone, accueillie deux mois plus tôt. Je me suis aussi rendu au Koweït et j’ai reçu tout récemment une délégation de la BRIN, l’agence nationale de la recherche et de l’innovation en Indonésie. L’IEMN et le LAMIH avec le CNRS ont d’ailleurs le projet de créer un Labcom dans cet archipel dynamique aux 17 000 îles et la France a tout intérêt à développer ses relations académiques, industrielles et commerciales avec lui. L’accueil de post-doctorants, la création de synergies autour de nos domaines de spécialisation communs (le transport et la mobilité) ou encore le montage de projets communs avec Air Liquide, Dassault Aviation et Alstom sont d’ores et déjà prévus. Côté européen enfin, je préside depuis novembre 2024 EUNICE : cette alliance de dix universités a accepté de signer une convention avec l’Université marocaine Mohammed VI afin de s’ouvrir sur l’Afrique. Des perspectives stimulantes pour la formation, la recherche, l’innovation, le transfert de technologie et les collaborations industrielles !

© LAMIH

La mobilité et l’autonomie sont au cœur des travaux de recherche du LAMIH.


Publié à l'origine dans ©Parlementaires de France Magazine, désormais ©Research Innov France.

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