L’Université PSL, un acteur majeur de l’innovation et de l’économie de demain

Un entretien avec M. Cédric DENIS-RÉMIS, Vice-président développement, innovation et entrepreneuriat à l’Université PSL

Quels sont les grands axes de la politique de l’Université PSL en matière de soutien à l’innovation ?
Longtemps les universités ont été connues pour leurs deux premières missions : la formation et la recherche. Aujourd’hui leur troisième mission est de plus en plus visible : c’est l’innovation au sens large, le transfert de technologies et la création de valeur associée (laboratoires communs, création de startups et d’emplois…). Cette volonté d’avoir un fort impact socio-économique, l’Université PSL la porte depuis plus de 10 ans et fait figure de pionnière à cet égard. Parallèlement au modèle classique de dépôt de brevet, de licence et de royalties, elle a développé un nouveau modèle pour aider les chercheurs à créer leur entreprise. Cela a eu un effet boule de neige : nous avons désormais une véritable population de chercheurs-entrepreneurs, co-fondateurs, actionnaires ou responsables scientifiques de startups. Dans ce modèle, la licence est accordée à un entrepreneur et non une entreprise établie depuis longtemps ; elle est convertie en participation en ne demandant pas d’argent au tout début de la vie de l’entreprise, là où elle est le plus fragile. Chaque année une dizaine de startups en lien avec la recherche sont créées au sein de l’Université. Par ailleurs PSL a pris une participation dans 30 startups actives ainsi qu’une trentaine d’autres via le PSL Innovation Fund, fonds d’investissement indépendant qu’elle a créé avec Elaia. Un tiers d’entre elles sont actives dans la biologie-santé, un tiers dans le numérique et l’IA, un dernier tiers dans les technologies pour le climat.

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© Daniel Nicolaevsky / Université PSL

Pourquoi PSL soutient-elle particulièrement l’émergence des start-ups deeptech ?
Contrairement aux entreprises « classiques », les startups deeptech entretiennent un lien étroit en lien avec la science, la recherche et sont intensives en capital – une nécessité pour concevoir un prototype industriel. De plus, le temps de maîtrise d’une nouvelle technologie est très long mais l’impact attendu est important : un nouveau vaccin, une nouvelle solution pour la mobilité ou le climat…

Pourriez-vous nous donner quelques exemples de success-stories en la matière ?
Il y en a beaucoup ! Mais je peux vous en citer trois. SUBLIME Energie a développé un procédé révolutionnaire de liquéfaction du biogaz issu des déchets organiques de l’agriculture (lisier de porc). Cette première mondiale devrait optimiser la gestion de ces déchets et démocratiser la méthanisation auprès des exploitations agricoles. Les investisseurs ne s’y sont pas trompés : en mars 2024, la start-up deeptech SUBLIME Energie a levé 11,5 M€. Pour sa part, Energo a développé une technologie révolutionnaire de synthèse chimique en combinant la catalyse hétérogène et le plasma froid. Cette technologie propre et décarbonée s’applique notamment à la production de gaz renouvelable par transformation en CH4, du CO et du CO2, d’origine biogénique, issu du traitement des déchets, ou de l’industrie métallurgique. Cela lui a permis de lever 16,5 M€ en mai 2024. Enfin, LightOn est le premier acteur de l’IA générative à entrer en bourse sur Euronext Growth à Paris. Cette introduction lui a permis de lever 12 M€ en novembre 2024. Une belle reconnaissance pour cette entreprise : après avoir commercialisé des co-processeurs photoniques pour l’IA de très grande taille et des Large Language Models (LLMs) sur supercalculateurs, elle commercialisera prochainement Paradigm, une plateforme d’IA générative sécurisée par design à destination des entreprises.

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© Université PSL

Étudiants au sein d’un laboratoire de pointe de l’ESPCI Paris – PSL

Pourriez-vous nous présenter le Pôle Universitaire d’Innovation (PUI) de PSL ?
L’université PSL est en effet l’une des 29 lauréates de l’appel à propositions 2023 des Pôles Universitaires d’Innovation (PUI). À ce titre, elle a reçu 11 M€ sur 4 ans : c’est le plus gros montant alloué dans ce cadre. Cela conforte la politique de PSL, qui place les relations avec le monde socio-économique au cœur de ses priorités et se positionne comme un acteur majeur de l’innovation et de l’économie de demain. Le PUI va accélérer le renforcement de notre écosystème, contribuant ainsi à créer de la valeur et à réindustrialiser la France. Pour ce faire, nous disposons de plusieurs leviers : la sensibilisation, les plateformes technologiques, le renforcement des liens avec les entreprises, l’accompagnement des startups, et bien sûr la communication pour créer du lien avec la société toute entière. C’est dans cet esprit d’ouverture que se tiendront le Mines Paris Research Day le 23 juin 2026 (avec notamment une session spécifique sur les applications de l’IA à la défense) et le Deeptech Forum, également organisé par Mines Paris-PSL le 18 mars 2026. Des événements rassembleurs !


Publié à l'origine dans ©Parlementaires de France Magazine, désormais ©Research Innov France.

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