Des partenariats régionaux pour une recherche ciblée d’excellence

Un entretien avec Mme Claire GIRY, Présidente-directrice de l’Agence nationale de la recherche (ANR)

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Institutions

En tant que nouvelle PDG de l’ANR, quelles sont vos orientations stratégiques pour l’Agence et quels sont vos chantiers prioritaires ?
En arrivant à l’ANR, j’ai pu apprécier le caractère très professionnel, très engagé des équipes qui ont su gagner la confiance des scientifiques. Avec 20 ans d’expérience dans l’évaluation des projets de recherche, l’ANR a bénéficié de la LPR pour porter à plus de 25 % le taux de sélection des projets sur l’ensemble des appels. J’entends bien continuer sur cette lancée et élargir la mission de l’Agence, reconnue pour ses financements performants et efficaces, à la fourniture de données sur les projets de recherche à des fins d’analyse et d’aide à la décision politique. C’est tout l’intérêt de la Direction des données, créée en 2021, qui s’est structurée et est aujourd’hui à même de contribuer à des propositions. Dans un contexte international hyper compétitif, je vois aussi trois grands défis : l’attractivité de la France pour les jeunes chercheurs, l’articulation des instruments financiers français et européens mais aussi le repositionnement des dispositifs d’aide à l’innovation sans oublier de poursuivre la simplification des modalités de financement des projets, et d’étudier le concours que l’IA peut apporter. Le contexte est particulièrement porteur pour l’ANR : elle vient d’être évaluée par le Hcéres, signera un nouveau COP avec l’État cette année, prépare le futur cycle triennal de ses appels à projets et son 20ème anniversaire !

© Frédérique PLAS
On 10 December 2024, the ANR and the Swiss National Science Foundation (SNSF) celebrated the tenth anniversary of their bilateral funding agreement
On 10 December 2024, the ANR and the Swiss National Science Foundation (SNSF) celebrated the tenth anniversary of their bilateral funding agreement
© ANR

Le 10 décembre 2024, l’ANR et le Fonds national suisse (FNS) ont célébré le dixième anniversaire de leur accord de financement bilatéral

Pourriez-vous dresser un premier bilan de l’appel à projets générique et des programmes et appels à projets spécifiques de 2024 ?
Le taux de sélection autour de 25 % a été préservé, 2 000 projets ont été financés et nos accords avec des partenaires internationaux (Allemagne, Suisse, Canada…) nous ont permis de poursuivre le financement de projets ciblés. La recherche partenariale public-privé a largement bénéficié des LabComs, qui ont fêté leurs 10 ans en 2023 et se sont davantage ouverts aux startups, aux thèses CIFRE et aux collaborations avec plusieurs laboratoires. Résultat, on a en 2024 enregistré 80 % de soumissions de projets en plus et 36 % de projets financés en plus par rapport à 2023. De plus, 12 PUI (pôles universitaires d’innovation) participent au moins à un LabCom. Quant aux instituts Carnot, ils ont vu leur abondement progresser de 60 à 116 M€ entre 2020 et 2024. Et nous réfléchissons à la manière de rendre plus attractives les chaires industrielles.

Quels sont les traits saillants du plan d’action 2025 de l’ANR ?
Il s’agit de la dernière année du plan triennal. Continuité des instruments et préparation du futur plan pour les 3 prochaines années sont au programme. Nos priorités scientifiques sont l’IA, les SHS (avec une croissance continue du nombre de projets déposés, entre 15 et 22 % de plus chaque année), les technologies quantiques, l’autisme et les troubles du développement, les maladies rares, les mathématiques et l’exploitation des données générées par les infrastructures de recherche. De manière transverse, nous continuerons à promouvoir la déontologie et l’intégrité, la réduction des inégalités hommes / femmes, la science ouverte, le développement durable et le dialogue entre sciences et société.


Publié à l'origine dans ©Parlementaires de France Magazine, désormais ©Research Innov France.

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