Pôle Solutions Communicantes Sécurisées

Les technologies numériques au service de la sobriété énergétique. Un entretien avec M. Olivier CHAVRIER, Directeur général du Pôle SCS Solutions Communicantes Sécurisées

Quels sont les chiffres-clés de SCS ?

Basé en région PACA et spécialisé dans les technologies du numérique, SCS rassemble 310 membres dont 72 % de PME et start-up. S’y ajoutent de grands groupes industriels ainsi que des laboratoires de recherche issus d’Inria, du CEA, d’Aix-Marseille Université… Depuis sa création, SCS a accompagné et labellisé plus de 600 projets innovants dont plus de 300 ont été sélectionnés pour un financement cumulé dépassant le milliard d’euros (400 M€ de fonds publics). Nous organisons aussi chaque année une soixantaine d’animations axées sur des technologies ou des marchés-clés. Elles rencontrent d’ailleurs un franc succès avec plus de 2 000 participants chaque année. Nous réalisons aussi chaque année entre 50 et 70 accompagnements individuels de PME et start-up (levée de fonds, internationalisation, mise en relation avec de grands comptes, stratégie marketing…). Rappelons, pour finir, que nous évoluons au sein de la deuxième région de France pour l’activité électronique et que nous fédérons le deuxième écosystème national en termes de semi-conducteurs.

© Pôle SCS

Pourriez-vous nous présenter vos technologies-clés et les marchés auxquels elles s’adressent ?

Nous avons identifié 4 technologies-clés en rapport avec les points forts de notre écosystème : la microélectronique, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et l’internet des objets. Ces technologies sont conçues pour répondre aux besoins de 4 marchés jugés particulièrement porteurs, à savoir l’industrie du futur (4.0 et bientôt 5.0), la santé et le bien-être, les villes intelligentes et la mobilité intelligente.

Quel accompagnement proposez-vous à vos membres en matière d’innovation produits et services ? Pourriez-vous nous en donner quelques exemples ?

SCS propose un accompagnement pour le montage de projets innovants et l’obtention de financements publics (dispositifs régionaux mais aussi nationaux – France 2030 – et européens – Horizon Europe). Cet accompagnement englobe la réalisation de plans technologiques, de plans financiers et de plans d’affaires pour anticiper la commercialisation de l’innovation. Il a une durée moyenne de 2 mois. Il mobilise une commission d’experts qui auditionne les projets et décide de la labellisation. Cette offre est particulièrement prisée des entreprises et nous nous félicitons de l’excellent taux de financement des projets accompagnés : près de 50 %. À titre d’exemple, le projet de l’entreprise Eyco a été labellisé en 2021 avec un financement obtenu dans le cadre du plan France Relance. Les 2,3 M€ reçus vont lui permettre de construire une usine de production de nouveaux composants de connectique électronique pour les cartes à puce et l’internet des objets. Plus de 100 emplois devraient être créés d’ici 5 ans. Autre exemple dans la cybersécurité, SCS a labellisé le projet de la PME Trusted Objects pour financer un projet de R&D de 36 mois en vue de mettre en œuvre une plateforme pour la détection d’intrusions dans les réseaux d’objets connectés de l’internet des objets. Cette plateforme servira à mettre en place des contre-mesures et pourrait générer 5 M€ de chiffres d’affaires supplémentaires dans les quatre prochaines années. J’aimerais aussi citer le projet de la start-up Aiway : la réalisation d’un logiciel à partir de l’intelligence artificielle pour modéliser des prothèses dentaires imprimables en 3D dans le cabinet même d’un dentiste. 200 000 € ont été alloués à cette recherche qui a duré 9 mois.

© Pôle SCS

Quels sont selon vous les principaux défis à relever pour assurer la transition écologique des entreprises membres de l’écosystème du pôle ?

Notre premier défi est de sensibiliser nos membres à l’importance d’entreprendre une démarche de sobriété énergétique et de transition écologique. Une démarche permise par deux leviers : l’élaboration de nouveaux modèles économiques (avec la création d’objets plus facilement réparables et donc moins rapidement obsolètes) et le développement de logiciels à partir de technologies plus sobres en énergie. Mais notre action s’étend bien au-delà du périmètre du Pôle et des acteurs du numérique. En effet, nous comptons bien aider les acteurs des autres secteurs industriels (aérien, agricole, énergie, mer…) à utiliser les technologies numériques afin de gagner en sobriété énergétique. Safran a déjà pu le constater : l’utilisation de l’Intelligence artificielle et la modélisation de moteurs d’avions et d’hélicoptères a permis de réduire leur consommation de kérosène. De même, les technologies numériques facilitent la détection d’objets ou de machines consommant trop d’énergie et permettent le monitoring de la consommation énergétique dans un double objectif : réduire l’empreinte carbone et améliorer l’efficacité. Éviter des accidents qui pourraient déclencher une pollution, mettre un terme à la surconsommation énergétique, mieux anticiper les pannes : autant d’enjeux cruciaux auxquels les membres de SCS peuvent apporter des solutions innovantes !


Publié à l'origine dans ©Parlementaires de France Magazine, désormais ©Research Innov France.

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